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02/04/2011

Abidjan : Yako, tenez bon.

Lundi.

Depuis lundi nous sommes scotchés aux infos. 

Même si forcément, nous, ça fait des mois qu'on s'inquiète.

Qui ça, nous? 

Ma famille et moi. 

Je suis allée chercher ma mère lundi soir à Marignane, j'avoue qu'elle était pas ravie de rentrer, c'est mon père qui lui a demandé expressément de partir d'Abidjan, les femmes et les enfants représentant plus une "contrainte" qu'un soulagement pour ceux qui restent - une vraie cible de choix.

Alors elle a laissé mon père qui a souhaité rester travailler, soutenir ses hommes, sa maison, sa vie en Côte d'Ivoire depuis un an, et elle est revenue en France.

Depuis, nous skypons, presque 24H sur 24, j'actualise abidjan.net toutes les heures, ces derniers jours toutes les dix minutes, le facebook de rumeurs d'abidjan, connection ivoirienne, france 24, j'en passe, et des meilleures.

De toute façon, les SMS sont coupés depuis et vers la CI depuis déjà plusieurs mois.

Le maître de stage que j'avais l'automne dernier a vu des pilleurs rentrer chez lui, ça m'a serré le coeur de voir son appel à l'aide sur Facebook, la peur de sa femme qui a vu son statut alors qu'elle est en sécurité en France....

Nos copains se sont fait évacuer par le BIMA, ils sont réfugiés dans un camp à Port-Bouët.

Les autres sont déjà rentrés depuis belle lurette.

Certains ont fait envoyer femmes et enfants en France ou pays limitrophes et restent chez eux, soutenir leurs voisins, tenter de protéger leurs biens, leurs maisons, et surtout leurs commerces.

En 2004, les commerçants de la Zone 4, et bien sûr tous les autres, ont retrouvé leurs salons de coiffure, boutiques, échoppes, concessions, pillées, saccagées, dévastées.

Ils ont tout perdu, et certains ont tout réinvesti.

En quelque sorte, c'est aussi chez eux, et ils sont prêts à se défendre.

Ca me serre le coeur les magasins où j'allais, que je connais, pillés, brûlés, incendiés, détruits... En tellement peu de temps ! Et non pas par les armées, non ! Par des sales petits cons désoeuvrés, armés, qui circulent en pick-up, tirent en l'air, chantent les joies de Gbagbo...

C'est injuste, car ils s'en prennent à tout le monde !

Je supplie mon père de rester dans la maison, les balles perdues sont nombreuses.

Un char de la Licorne tourne en permanence dans leur rue, ils tirent, ils protègent, ils évacuent.

Mon père ne souhaite pas être évacué pour l'instant.

Il est avec ses gars, entouré, il a avec lui la bonne, les gardiens, ses employés qui ne pouvaient plus rentrer chez eux... Ils se serrent les coudes, je ne peux dire où et comment.

Et ça tire, dans tous les sens.

Connaissant mon père, dans cinquante ans, il en parlera à chaque soirée, à chaque dîner entre amis, et nous, on lèvera les yeux au ciel en disant que "papa, ça fait déjà cent fois que tu la racontes celle là! Change un peu là t'es relouuuu".

En attendant, je suis over-connectée, j'en rêve toute la nuit, j'y pense tout le temps, j'ai peur.

Peur pour lui, peur pour les autres, ça m'attriste, me choque, me fait de la peine.

Car la bataille qui fait rage entre FDS et FRCI est presque eclipsée par ces pillages...

J'entends parler d'incendies, d'hôtels ravagés, comme le Palm Beach où nous allions enfants, avec Papa et Maman, et depuis 2004, le Palm Beach cet oasis, ce n'est plus qu'un tas de cendres où la végétation tente de reprendre ses droits.

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C'est pas juste pour tous les ivoiriens qui n'ont pas pu faire autre chose que de subir.

C'est pas juste pour ceux qui restent, ceux qui se battent, ceux qui essayent de résister.

C'est pas juste un dictateur de plus en Afrique. C'est bien plus que cela...

Je n'ai pas forcément super bien vécu tout mon séjour en Côte d'Ivoire, pour diverses raisons, mais malgré tout, je me suis profondément attachée à ce pays en bordel. 

Je ne peux pas me permettre de donner un avis politique sur cette situation, entre rumeurs, coups bas, poignards dans le dos, démagogie de la communauté internationale... Mais tout n'est pas blanc (ou noir).

Il faut en arriver là pour que péniblement "on" intervienne.

L'Afrique passera toujours après le reste du monde...


  

 Quelle qu'en soit l'issue, pourvu qu'elle soit rapide... 

En attendant, je ronge mon frein sur skype et je joue.

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... Je nettoie les plages avec mon club.

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 Du coup je pense sérieusement me greffer une radio satellite.

A+ les gens, merci pour votre soutien et vos pensées.

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 Tiens bon P.A.P.A.

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