Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/06/2010

Adolf est en campagne... mais publicitaire.

Il y'a plus de dix jours,  un panneau d'affichage vantant un magasin sicilien s'est retrouvé affiché dans Palerme et a provoqué une grande polémique.

On peut y voir Adolf Hitler en uniforme militaire rose, un coeur à la place de la croix gammée en brassard, accompagné du slogan "Cambia il tuo stilo, don't follow your leader" (Change ton style, ne suis pas ton chef).

h-3-2086537-1274792541.jpg

A Palerme, la colère gronde.
Dans un pays où le nazisme et le fascisme a si durement regné, la tentation de céder à la protestation est bien plus forte que d'essayer de comprendre le message publicitaire qui tente de passer en force parmi les mentalités.
"Nous ne comprenons pas comment les autorités de la ville ont pu autoriser l'installation d'un tel panneau et nous demandons son retrait immédiat ainsi que de tout autre endroit de la ville ou du département", a écrit le président d'une association de partisans de Palerme.

D'après une autre association italienne, " cet événement grave trouble l'âme des démocrates palermitains, offense ceux qui ont combattu le fascisme nazi et viole nos principes démocratiques et constitutionnels ".

Quel est donc le but de cette campagne ?

Contactée par un journal italien, l'agence de publicité qui a imaginé cette campagne a seulement déclaré qu'elle voulait juste " provoquer et attirer l'œil " et non " faire l’apologie du nazisme ".
Moi je trouve ça intéressant. Beaucoup plus provoquant que ce qu'ils veulent laisser entendre.
Bien sûr que ça allait créer polémique. Mais avouons-le, c'était le but.

1255890352269.jpg

Qu'est-ce qui choque? Hitler gay ou Hitler tout court? Difficile à dire...
Le monstre nazi et son apogée de la terreur a répandu un tabou dont souffrent encore les allemands nés bien après la guerre.
On ne peut parler de ce qu'il s'est passé sur le ton de la dérision.
Seuls certains juifs ayant vraiment connu cette horreur arrivent parfois à faire de l'humour noir. Quand on voit les groupes Facebook  du genre "Anne Franck, trop forte à cache-cache!", et le nombre de protestations et d'insultes sur le wall de ces groupes et tous ces indignés qui n'ont jamais rien vu ! Qui crient au scandale! Qui se laissent porter par la voix du peuple qui condamne cet humour blasphémateur !
De quoi avons-nous le droit de rire? De quoi ne pouvons-nous pas rire? Et pourquoi? Qui décide de ce que je veux? Le dogme? La liberté? L'école? Le gouvernement? L'histoire? L'Europe? Le passé? Les survivants?
Qui sommes-nous pour dire que c'est bien ou que c'est mal?
Comment démêler le vrai du faux?
Je ne dénigre rien.
J'essaye de comprendre comment des enfants comme moi peuvent saisir ce que fut vraiment l'horreur de la guerre. Et d'Hitler.
On nous l'a appris à l'école, longuement. J'étais fascinée, terrifiée. J'ai lu "La part de l'autre", d'Eric-Emmanuel Schmitt, ce bouquin m'a complètement retourné.
Imaginez un seul instant, que le jeune Adolf, en 1908, eut été finalement admis aux Beaux-Arts de Vienne.
Que serait-il arrivé? Comment serait le monde sans le nazisme?
Je m'égare. A vous de vous procurer le précieux ouvrage ;)
Côté pub, je tente, de par mon jeune âge et mes convictions personnelles, d'essayer de voir ce qui se cache de l'autre côté du miroir. Ce que je cherche avant tout, c'est la création, ce qui n'a pas encore été fait, été dit, été imaginé, conceptualisé. Et essayer de comprendre pourquoi. Pourquoi tout ça.

Adolf en homosexuel, très "cage aux folles", choque moins qu'Adolf tout court.

Et puis, c'est pas faux, rien ne sert de suivre un chef. Trace ta route, trace ta voie, regarde où ça peut te mener que de suivre les directives d'un homme qui t'embrigade. Vis ta vie, sois toi même, crois en toi, crois en tes idéaux, respecte toi, sois unique.

Alors, jusqu'où peut on aller? Jusqu'on peut-on prétendre à de la création plutôt que du respect? Où est le respect? A qui, nous, jeune génération Y, devons-nous le respect? A nos grands-parents, qui étaient trop petits? A l'histoire? Aux morts? Au monde?

Ce qui est sûr, c'est que l'agence de pub a fait vraiment parler d'elle, bien plus que de son client. Après, à savoir si l'impact sera négatif sur son image et son audacité de création, seul l'avenir le dira...

Pour ma part, j'aimerai vous faire partager une vidéo qui fait froid dans l'dos. C'est normal, c'est fait pour.

Coïncidence qui n'en est pas une : ça colle avec le sujet du post!

Petit rappel : campagne pub de septembre 2009 par une agence allemande,  Das Comitee, dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.

 

Les commentaires sont fermés.